Le bijou fait main

Chaque bijou brodé fait main que je crée est une pièce originale et unique.

Tout commence par l’acquisition de pierres gemmes. Je les choisis d’abord en fonction de leur forme, le cabochon. J’utilise souvent des pièces ovales, parfois carrées ou rectangulaires ou en forme de poire, rarement rondes car il y a peu d’offres dans cette forme pour des pierres de qualité. Je privilégie mes achats chez un gemmologue. Le travail de sélection est long, il faut attendre parfois plusieurs mois avant de tomber sur une pièce qui ferait une jolie bague. Le plus compliqué reste à trouver deux pièces à peu près identiques pour une paire de boucles d’oreilles.

J’accumule donc des lapis-lazuli, des jaspes, des opales, peu de turquoises de plus en plus rares, et autres minéraux. Je les classe ensuite par couleurs dans des tiroirs. Je les accompagne de différents cristaux (de Bohème, Zwarovski), cabochons de céramiques, de verre simple, de métal, de boutons en bois ou en verre de Bohème peints à la main, de pièces en nacre, etc.

Je dois également veiller à détenir un stock de perles de rocailles bien diversifié en plusieurs tailles : je choisis uniquement des marques japonaises (Toho et Miyuki) pour la simple raison que ce sont les seules à présenter une régularité parfaite et un trou percé au laser suffisamment large pour passer l’aiguille et le fil parfois 5 à 6 fois dans la même perle. Je m’approvisionne en quatre tailles différentes : les plus petites mesurent 1,6 mm !

Je travaille mon décor avec des perles de Bohème, il en existe de multiples variétés : ronde plate, ovale plate, brique, triangle, hexagone, losange, perles à facettes de différentes tailles, perles “daggers” toute en longueur pour les franges, drop, gouttes pétales, et j’en passe…

Quand il s’agit de commencer une nouvelle création, généralement, je sais déjà quel bijou je souhaite travailler : une broche, une bague, un pendentif.  J’ai parfois envie d’une teinte particulière. Je fouille alors dans le tiroir de cette couleur afin de trouver une pierre, un cristal, et ensuite je complète dans les mêmes tons ou avec de toute autre couleur.  Ce choix s’avère parfois compliqué, frustrant, car j’aurais besoin de ce que je n’ai pas… Alors le bracelet prévu peut à ce moment-là cesser d’exister et se transformer en broche ou barrette.  Ou bien je viens de recevoir des pierres et il y en a une qui me plaît tant que la mettre en bijou ne peut attendre, comme celle-ci par exemple, ou bien celle-là.

Ensuite, je travaille l’organisation de mes éléments principaux en les posant sur une nouvelle feuille de mon carnet. Je dessine très peu, une forme se dégage de la disposition des éléments les uns par rapport aux autres. Rien n’est figé. Je prend un feutre que je découpe un peu plus grand que le dessin. La pierre principale est alors collée à son emplacement. Il est temps de chercher les perles de Bohème et les rocailles dans d’autres tiroirs, d’associer les teintes, de se sentir encore un peu démuni car il n’y a pas assez de couleurs ou pas dans les bonnes tailles…

Pendant que je me débats avec mes assemblages de teintes, la colle de ma pierre a eu le temps de sécher. Il est temps d’enfiler mon aiguille. Contrairement à beaucoup de brodeuses de perles, je n’utilise pas une grande aiguille, non, une petite, toute fine, une Bohin bien française. Je vais plus vite et il existe une taille qui passe dans presque toutes mes perles, même dans certaines perles de 15.

Le premier travail de broderie consiste la plupart du temps à sertir la pierre ou le cristal principal. Viendra ensuite le placement des autres éléments, en fonction du décor choisi et de la place que prendront les différentes perles dans mon bijou. A partir de là,  j’entre dans la création pure, l’esprit tranquille. Mes idées vont se diluées dans ce que je vois, au fur et à mesure des aiguillées, je suis heureuse. Ce temps de broderie est d’une durée très variable, d’une heure pour une petite pièce à une quinzaine d’heures pour d’autres. Une fois le décor terminé, il reste à doubler le bijou de cuir, et poser la dernière rangée de perles qui va maintenir le cuir à la broderie. Selon le cuir choisi et la forme du bijou, ce n’est pas toujours la partie la plus facile, et je dois utiliser un protège doigt. Je ne porte pas de dés car je les perds tous et dois les renfiler à chaque aiguillée.

Voilà, ma broderie est terminé, vient maintenant le temps du montage du bijou : chaîne ou cordon pour un collier, fermoir, crochets pour des boucles d’oreilles.

Et ce n’est pas encore terminé, il y a la séance photo, puis la mise en ligne et le partage sur les réseaux sociaux…

Créer des bijoux brodé, c’est donc tout un travail, long et fastidieux, ce n’est pas de l’amateurisme. J’exerce un vrai métier et je suis capable de le transmettre, ce qui est évidemment une source de satisfaction.